Confessions d’une fan de Jane Austen – Laurie Viera Rigler

Frais et léger comme un sorbet au citron, ce livre a fait mes délices dans la chaleur écrasante de l’été. Si il me tentait car je trouvais le pitch intéressant, je craignais la mièvrerie et le pastiche raté. J’ai trouvé un livre intelligent et plein d’humour avec lequel j’ai passé un excellent moment.

L’histoire

Après avoir tenté de guérir ses fiançailles brisées avec des romans de Jane Austen, Courtney Stone se réveille non pas dans sa chambre à Los Angeles, mais dans l’antichambre d’une femme de l’Angleterre sous la Régence.

Non seulement Courtney est prisonnière de la vie d’une autre femme, mais elle est forcée de prétendre être celle-ci… et même son amour pour les romans de Jane Austen ne l’avait pas préparée aux pots de chambre et aux calèches inconfortables du dix-neuvième siècle – et encore moins aux réalités d’être une femme célibataire entourée de chaperons, de courtisans et de mariages de convenance. C’est alors qu’apparaît le mystérieux Mr. Edgeworth, qui va lui donner des souvenirs confus qui ne sont pas les siens.

Impertinente, intelligente et tout à coup seule, Courtney Stone est la fille moderne typique de LA. Enfin, jusqu’à ce qu’elle se réveille un matin en Angleterre à l’époque Régence dans le corps de Jane Mansfield. Au début, elle pense qu’elle doit rêver – peut-être qu’elle a lu tous les livres de Jane Austen quelques fois de trop – mais alors que le temps passe, elle trouve qu’il y a beaucoup à devoir appréhender : un nouvel accent, un nouveau corps, une méchante nouvelle « mère », et plus excitant, un nouvel homme dans sa vie : le fringant et séduisant Charles Edgeworth.

Mais est-il un Darcy, un Wickham, ou simplement une distraction déconcertante ? Puisque le voyage de Courtney à travers le champ miné de la vie sociale dans l’Angleterre de Jane Austen se poursuit, elle se demande : retournera-t-elle jamais à son 21ème siècle et à la vie de la côte Ouest – et est-ce qu’elle veut vraiment ?

Mon avis

Iiiiiiiihhhh ! Enfin un livre qui n’utilise pas le nom de Jane Austen à tort et à travers ! Le problème avec les livres écrits par des « fans » de Jane Austen est qu’ils oscillent souvent – selon moi – entre le mauvais pastiche pathétique et l’utilisation de Jane Austen à seule fin d’argument commercial. Ce n’est point le cas ici, et c’est un premier bonheur. Il paraît évident à la lecture que Laurie Viera Rigler est une spécialiste de l’autrice (elle appartient d’ailleurs à la Jane Austen Society of North America) et qu’elle possède une excellente connaissance de l’époque de la Régence en Angleterre.

Si Courtney Stone, notre héroïne, est fan de Jane Austen et se réveille dans l’Angleterre de la Régence, ne t’attends pas pour autant à croiser Darcy, Emma, où les membres de la famille Bertram. Courtney va rencontrer des personnages hauts en couleur, et certains d’entre eux font fortement penser à des héros austeniens, mais c’est surtout sa connaissance des œuvres de l’autrice qui vont lui permettre de s’adapter à ce nouveau monde, d’en adopter le langage et les manières.

Surtout, Courtney va prendre conscience du carcan social qui régissait la vie des femmes à cette époque. Corseter par les conventions et les obligations, épier par leurs consoeurs, ne pouvant échapper à un chaperon, …Tout le système social de la bourgeoisie et de l’aristocratie s’articulait afin de maintenir les femmes sous la coupe de leurs pères puis de leurs maris. Cet aspect du livre est particulièrement bien rendu, accentué par les réflexions de Courtney qui réagit en femme du 21ème siècle.

Avec beaucoup d’humour et sans jamais être pesante, Laurie Viera Rigler met en avant à quel point la position des femmes dans la société dépendait de leurs pères puis de leur capacité à faire « un beau mariage ». Entendre un mariage de convenance avec un homme susceptible d’assurer leur sécurité financière. Les femmes sortaient d’une cage dorée pour en intégrer une autre, et les mères participaient avec la plus grande satisfaction à la reproduction de ce schéma social.

En contrepoint, les romans de Jane Austen, dont les héroïnes refusent les mariages arrangés au profit de mariages d’amour prennent une dimension novatrice, voire même subversive.

En bref

Sous les aspects d’une chick lit légère, colorée et bourrée d’humour, Laurie Viera Rigler porte un regard intelligent sur la condition des femmes à l’époque de Jane Austen.

Jouant du contraste saisissant avec les réflexions de Courtney, pur produit du 21ème siècle, elle met en valeur le côté novateur et relativement subversif pour l’époque des romans de Jane Austen qui parlaient mariage d’amour et refus des alliances de convenance.

Un livre que je recommande fortement à tous les fans de Jane Austen et à tous ceux qui cherchent une lecture légère et intelligente.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. juliet595 dit :

    Tu me donnes tellement envie :3
    J’ai offert ce livre et son pendant, « Tribulations d’une fan de Jane Austen », à ma soeur, mais je crois que je vais lui repiquer les deux ! Connais-tu ce deuxième livre ? Je ne crois pas que ce soit une suite.

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  2. Gaelle dit :

    Bon, c’est sûr je vais les sortir rapidement de ma liseuse hihi !

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  3. Maïder dit :

    J’ai commencé par la Tribulations d’une fan de Jane Austen et j’ai tout de suite envie de lire celui-ci… Tu m’as convaincue!

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