Hunter – Roy Braverman

Polar glacé, Hunter nous entraîne dans un huis-clos malsain dominé par le désespoir et le malheur. Un polar intelligent et surprenant qui te happe et ne te laisse pas de répit.

Merci à Hugo Thriller pour cette découverte.

L’histoire

Plus personne ne s’arrête à Pilgrim’s Rest. Une vallée perdue dans les Appalaches. Un patelin isolé depuis des jours par le blizzard. Un motel racheté par le shérif et son frère simplet. Un bowling fermé depuis longtemps. Et l’obsédant souvenir d’une tragédie sans nom : cinq hommes sauvagement exécutés et leurs femmes à jamais disparues. Et voilà que Hunter, le demi-sang indien condamnés pour ces crimes, s’évade du couloir de la mort et revient dans la vallée. Pour achever son oeuvre ?

Après douze ans de haine et de chagrin, un homme se réjouit pourtant de revenir à Pilgrim’s Rest. Freeman a compris le petit jeu de Hunter et va lui mettre la main dessus. et lui faire enfin avouer, par tous les moyens, où il a caché le corps de Louise, sa fille, une des cinq disparues.

Pilgrim’s Rest sera peut-être le terminus de sa vengeance, mais ce que Freeman ignore encore, au volant de sa Camaro rouge qui remonte Murder Drive, c’est qu’il n’est pas le seul à chercher à se venger. Et que la vérité va se révéler plus cruelle encore. Car dans la tempête qui se déchaîne et présage du retour de la terreur, un serial killer peut en cacher un autre. Ou deux.

Mon avis

Point de jeu du Loup-garou ici. Les protagonistes sont tous très vite identifiés et la question qui va se poser rapidement est plutôt : combien y-a-t-il de loups-garou ? Car dans cette histoire, les criminels se révèlent les uns après les autres, comme autant de matriochkas malfaisantes.

Cette structure originale met en valeur l’intrigue autour d’une thématique que je n’avais pour l’instant jamais rencontré dans un polar : les cas de disparitions jamais résolues. Il aborde l’impossibilité du deuil pour l’entourage des disparues, les vies détruites, l’abîme de douleur. Les personnages sont entièrement définis par leur douleur. Ce qui au début m’a un peu gêné, mais qu’au final je comprends comme ça. Pour eux, la vie s’est arrêtée le jour de la disparition. A l’angoisse, la peur, la terreur, a succédé une sorte de résignation qui les a détruit, les laissant partagés entre la certitude de la mort des disparues et l’espoir résistant d’un miracle.

Et soudain, dans ce trou paumé de l’Amérique profonde, tout les fils se rejoignent, psychopathes et proches des victimes sont réunis, bloqués par le blizzard. Qui périra ? Qui survivra ?

Le final, bluffant, m’a laissé sans voix.

En bref

Un polar noir, très noir, dont la lumière est entièrement absente. Un structure originale au service d’une thématique intéressante, dans lequel tant la résilience que la rédemption sont impossibles.

Un livre que je t’invite à découvrir.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. lebouquinivre dit :

    Un livre qui me tente fortement ! Merci pour ta chronique !

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Un bon polar qui sort des sentiers battus 😊

      Aimé par 1 personne

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