Babayaga – Toby Barlow

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Une histoire de sorcières dans le Paris des sixties, un inspecteur transformé en puce, je frétillais d’impatience à l’idée de cette lecture. Je trouvais l’idée tout simplement géniale. Cerise sur le gâteau, la quatrième de couverture qualifiais l’histoire de féministe. Je m’attendais à me régaler, à t’annoncer un autre coup de coeur. Et patatras… Si au début ma lecture fut plaisante, mon avis final est très mitigé. J’ai eu le sentiment que l’auteur n’avait pas su choisir quelle histoire il voulait nous raconter.

L’histoire

Paris, 1959. Un homme est retrouvé empalé sur la grille d’un jardin public. La Ville Lumière plonge dans les ombres, envoûtée par les babayagas, sorcières venues du fond des siècles et des steppes russes. L’inspecteur Vidot enquête. Mais qui se frotte aux babayagas s’y pique, et voici bientôt notre Colombo des faubourgs transformé d’un coup de baguette magique… en puce, contraint de poursuivre sa diabolique ennemie en sautant de chien en rat. Son chemin croisera celui du naïf Will Van Wyck, jeune publicitaire américain expatrié travaillant à son insu pour la CIA et empêtré dans un imbroglio dont seule l’ensorcelante Zoya semble pouvoir le sortir – à moins qu’il ne soit sa prochaine proie…

Entre Kafka et Ratatouille, Boulgakov et La Panthère Rose, Babayaga est une fable délirante, un roman sur les pouvoirs de l’amour et un grand livre féministe.

Mon avis

Zoya et Elga sont deux très vieilles sorcières russes, des babayagas. Elles tirent leurs pouvoirs d’incantations et de potions à base de plantes et d’épices. De vraies sorcières de contes de fée en somme, et j’ai beaucoup aimé cet aspect là du livre. De même, l’auteur nous dévoile dans le récit leurs vies au cours des siècles, ce qui constitue une vraie valeur ajoutée au roman. En revanche, je ne me suis pas attachée aux personnages de Zoya et d’Elga. Elles sont dures, calculatrices et manipulatrices, en un sens, ce sont des survivantes et elles ne pensent qu’en terme de survie.

Lorsque l’inspecteur Vidot s’approche trop d’elles, il se retrouve transformé en puce. Et c’est la vraie bonne idée de ce roman ! Car Vidot va continuer à enquêter pour trouver comment briser le sortilège, tout en vivant sa vie de puce. Je me suis attachée à ce personnage qui se démène comme un beau diable pour surmonter situations rocambolesques et vicissitudes en tout genre.

Et je crois, très sincèrement, que ces deux thèmes suffisaient amplement pour faire un bon roman bien déjanté. Alors pourquoi, pourquoi avoir ajouté cette histoire de CIA ? D’autant qu’elle n’a ni queue ne tête et que je n’en ai ni compris ni les tenants, ni les aboutissants. Quelle est leur mission ? Que font-ils à Paris ? A l’issue du livre, je ne le sais toujours pas. Cette trame parallèle et pourtant intimement mêlée au reste de l’histoire m’a parue superflue et brouillonne. Les agents apparaissent comme de vrais bras cassés plus occupés à profiter des plaisirs de la vie parisienne en toute oisiveté qu’à remplir leur mission (ils ne l’ont peut-être pas comprise eux non plus…) Cela a ajouté des longueurs au livre qui font que par moment, je me suis franchement ennuyée dans ma lecture.

Dernier point qui m’a franchement chiffonnée : la quatrième de couverture parle d’un livre féministe. Et là, je ne suis pas, mais alors pas du tout d’accord. Si Zoya et Elga sont deux femmes fortes et indépendantes, elles sont aussi et surtout présentées comme deux femmes qui se servent des hommes et les manipulent pour arriver à leurs fins. Surtout, elles se font entretenir par les hommes. Et, vois-tu, je ne vois pas bien où se loge le féminisme. Ce n’est en tous cas pas la définition que j’en ai.

Ma note : 15/20. Si la trame de départ est excellente, l’ajout d’une seconde trame narrative brouillonne et superflue m’a gâché mon plaisir. Je ne peux que t’inciter à te faire ton propre avis. Si le livre n’est pas mauvais, il ne me laissera malheureusement pas un souvenir impérissable.

6 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Sev dit :

    Ah, dommage, ça aurait pu être un super livre. Rien que la couverture envoie du lourd!

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    1. Alec dit :

      Oui, c’est vraiment dommage que l’auteur se soit éparpillé dans sa narration.

      Aimé par 1 personne

  2. Flof' dit :

    Dommage, le livre m’attirait un peu. Mais j’avoue que tu viens de doucher mes derniers attraits pour lui.
    C’est dingue quand même, sus prétexte qu’un personnage féminin est un peu méchant, on qualifie un ouvrage de féministe. Mais c’est pas ça, bordel, le féminisme!!! GRRR

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Oui, ça m’a agacé, car ce n’est vraiment pas le propos de l’auteur.

      Aimé par 1 personne

  3. Je ne connaissais pas du tout, mais je pense qu’il a de grande chance de me plaire 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Alors fonce 🙂 toute la partie sur les sorcières et l’inspecteur est vraiment chouette.

      J'aime

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