Un goût de cannelle et d’espoir – Sarah McCoy

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Un uppercut. Quand je m’y attendais le moins. Un goût de cannelle et d’espoir m’a laissée bouleversée, stupéfaite par son actualité et les questions qu’il soulève en filigrane. Sans amalgame, simplement, à travers l’histoire d’Elsie et de son entourage, Sarah Mc Coy propose sa vision de ce qui fait l’Humanité quand tout s’obscurcit autour d’elle. Dans ce livre lumineux et teinté d’espérance, elle nous rappelle ce qui demeure immuable au milieu du chaos : l’amour, l’indignation, et l’importance d’être un Juste par-delà les époques et les régimes politiques.

L’histoire

Allemagne, 1944. Malgré les restrictions, les pâtisseries fument à la boulangerie Schmidt. Entre ses parents patriotes, sa sœur volontaire au Lebensborn et son prétendant haut placé dans l’armée nazie, la jeune Elsie, 16 ans, vit de cannelle et d’insouciance. Jusqu’à cette nuit de Noël, où vient toquer à sa porte un petit garçon juif, échappé des camps …
Soixante ans plus tard, au Texas, la journaliste Reba Adams passe devant la vitrine d’une pâtisserie allemande, celle d’Elsie … Et le reportage qu’elle prépare n’est rien en comparaison de la leçon de vie qu’elle s’apprête à recevoir.

Mon avis

 La structure du roman est classique : on suit Elsie en 1944 et Reba en 2007. A la lecture de la quatrième de couverture, je m’attendais à une romance sur fonds historique de seconde guerre mondiale.

Mais ce livre est beaucoup plus que ça. Le thème de la seconde guerre mondiale est abordé à travers la vie de la famille d’Elsie pendant la guerre, la perception que chacun de ses membres à du régime nazi et leur évolution au fur et à mesure qu’ils sont confrontés à sa réalité. La correspondance d’Elsie avec sa soeur Hazel, qui vit dans un Lebensborn est extrêmement révélatrice de cet aspect du livre. Les Lebensborn étaient des lieux de rencontre où des femmes considérées comme « aryennes » pouvaient concevoir des enfants avec des SS, puis accoucher anonymement dans le plus grand secret et remettre leur nouveau-né à la SS en vue de constituer l’élite du futur « Empire de mille ans ».  Difficile d’en dire plus sans te spoiler mais j’ai vraiment trouvé que ce versant du livre était très bien exploité.

Cette évolution apporte beaucoup de profondeur aux personnages par ailleurs bien construits et les rend très attachants.

C’est d’ailleurs un autre gros point positif de l’histoire : Si Elsie et Reba sont sans conteste les personnages principaux, les personnages secondaires ne sont pas pour autant relégués au second plan. L’influence des entourages d’Elsie et Reba sur leur personnalité, leurs failles et leur évolution est bien montrée, l’auteur nous rappelant que nous sommes le fruit des interactions avec le milieu dans lequel nous évoluons.

Surtout, Josef et Rikki, les fiancés respectifs d’Elsie et Reba sont particulièrement intéressants, puisque c’est à travers eux que Sarah McCoy aborde les questions essentielles du roman. Josef est officier dans l’armée allemande. Rikki est garde-frontière à El Paso au Texas et se retrouve confronté à l’immigration illégale des mexicains et aux reconduites à la frontière. A soixante ans d’intervalle, tous les deux vont devoir répondre à la même question : quand l’Etat prend des mesures qui ne respectent pas les fondements des valeurs humaines, qui sont si manifestement opposées à l’éthique, dois-je continuer à obéir et à appliquer ses règles ? De leurs réponses et de leurs choix découleront des conséquences majeures. L’actualité de cette thématique et ce qui m’a le plus surprise, dans la façon de faire un parallèle entre deux régimes politiques opposés. Par extension, impossible de ne pas faire le rapprochement avec la situation actuelle de l’immigration illégale en Europe et le traitement des migrants.

J’ai plus parlé ici de l’histoire d’Elsie que de celle de Reba. Il est clair que si la structure du roman met en parallèle l’histoire des deux femmes, celle d’Elsie domine nettement, tant en volume que par les événements auxquels elles vont être confrontés.

Tu l’auras compris, ce livre est un véritable page-turner et un coup de coeur pour moi.

Ma note : 18,5/20 un livre que je recommande.

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Gaelle dit :

    Il y a des livres comme ça qui marque son/ses lecteurs. De très bons livres 😊

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Oui, il m’a fait vivre les montagnes russes ce livre 🙂

      Aimé par 1 personne

  2. Je l’avais adoré ! Contente qu’il t’ait plu (même si c’est vrai qu’on passe par tous les sentiments ^^)

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Oui, c’est un livre marquant 🙂

      J'aime

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