Jusqu’à l’impensable – Michael Connelly

Je remercie les éditions Calmann-Lévy et NetGalley pour cette lecture. Le livre et sorti la semaine dernière. Si vous cherchez un polar qui sort des sentiers battus, ce livre est fait pour vous ! Michael Connelly s’y attache à montrer tant le point de vue de la défense que de l’accusation, avec un Harry Bosch en proie au doute et à une lutte interne. Un polar déstabilisant par son rythme et son enquêteur écartelé entre ses principes et sa passion du métier.

L’histoire

Harry Bosch, retraité du LAPD malgré lui, tente de tuer le temps en remontant une vieille Harley lorsque Mickey Haller, son demi-frère avocat de la défense, lui demande de travailler pour lui comme enquêteur. Cisco, qui occupe ce poste habituellement, vient d’être victime d’un accident de moto aux circonstances plus qu’étranges, et Haller est persuadé que seul Bosch pourra l’aider à innocenter Da Quan Foster, un ex-membre de gang accusé d’avoir battu à mort Lexi Parks, la directrice adjointe des services municipaux de West Hollywood. Si les obstacles sont de taille – la preuve accusant Foster est accablante et il ne reste que six semaines avant le procès – Haller en est sûr, Foster est innocent. Dilemme pour Harry ! « Passer de l’autre côté » ? Tout simplement impensable. Comment défendre un assassin quand on a passé sa vie à en expédier le maximum en prison ?

Mon avis

Point de polar au rythme haletant qui se lit le souffle court et frénétiquement. C’est sans doute ce qui m’a le plus déstabilisée lors de cette lecture. Car l’auteur ici ne cache pas l’identité du coupable. Il ne la révèle pas non plus d’emblée. Da Quan Foster est-il coupable ou non ? Au cours de la lecture, l’évidence petit à petit s’impose. J’ai envie de dire qu’elle s’impose tranquillement. En lisant ce livre j’ai soudainement compris l’ampleur de l’expression « l’enquête suit son cours ». A force de regarder des séries policières ou de lire des polars dans lesquels retournements de situations et rythme haletant sont monnaies courantes, j’en ai oublié qu’une enquête ce n’est pas que ça.

A ce titre, Jusqu’à l’impensable, est exemplaire. Le rapport au temps y est, j’ai trouvé, très particulier. Alors que Bosch n’a que six semaines pour mener son enquête, l’auteur nous donne la sensation que l’enquête suit un rythme qui lui est propre, au fur et à mesure de la découverte des indices et des déductions de l’enquêteur. J’ai vraiment eu le sentiment que le temps et le rythme de l’enquête peut se rapprocher de celui d’un fleuve : si temps et rythme ne sont pas intangibles, ils sont imposés par le fleuve selon un schéma qui lui est propre et auquel rien ne peut contrevenir. Cet élément du livre m’a réellement troublée, c’était un ressenti à la fois très fort et impalpable, et il m’a semblé qu’il sous-tendait toute la trame de l’histoire.

Autre point fort de ce polar : Michael Connelly nous offre à la fois le point de vue du policier accusateur et celui de la défense. A ce titre, l’enquête est très intéressante. Haller est persuadé de l’innocence de Da Quand Foster et se bat pour trouver les preuves qui permettront d’en apporter la preuve et de faire libérer l’accusé. Harry Bosch part quant à lui du postulat de bas inverse : Da Quan Foster est coupable. Pourquoi ? Parce qu’il n’a pas été arrêté sans raison mais suite à une enquête policière. Bien que retraité à son corps défendant, Bosch a conservé l’esprit de corps des policiers et répugne tant à travailler pour la défense qu’à imaginer que des policiers aient pu commettre une erreur. Cette lutte contre lui-même imprègne tout le polar, et plus particulièrement les rapports de Bosch avec Haller, rudes, rugueux. Harry en veut à son demi-frère de le pousser à « passer de l’autre côté », il s’en veut à lui-même de trahir ses anciens confrères. Mais au-delà des principes et d’un code moral, son dilemme se résume à cette question : quel est le plus fort ? Son amour pour le métier d’enquêteur ou son esprit de corps ? Car au final, un enquêteur reste un enquêteur, qu’il travaille pour la défense ou l’accusation, le métier est le même, seuls les buts divergent.

Et puis Harry Bosch. Ce n’est pas un enquêteur dont j’ai suivi assidûment toutes les enquêtes. Mais là, à la croisée des chemins, il est touchant. Je ne sais pas pourquoi, pour moi, il a la tête de Clint Eastwood dans l’inspecteur Harry (le prénom peut-être …)

Bref, j’ai passé un bon moment avec ce polar, et même s’il m’a déstabilisée, j’ai apprécié ses partis pris et sa sobriété.

Ma note : 16/20

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. juneandcie dit :

    Ah Harry Bosch mon chouchou. Je vais me faire un plaisir de le retrouver.

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Pour toi aussi il a la tête de Clint Eastwood ou c’est juste moi ?

      Aimé par 1 personne

      1. juneandcie dit :

        Ah non. Pas Clint Eastwood. Je pense que tu as été influencée par Créance de sang ou il incarnait Terry McCaleb, du même auteur

        Aimé par 1 personne

      2. Alec dit :

        Oui c’est possible en effet 🙂

        Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s