Throwback Thursday #21 Printemps, renouveau, belle saison

Printemps, renouveau, belle saison, en voilà un joli thème pour le Throwback Thursday de cette semaine ! Et pourtant, il m’a donné beaucoup de fil à retordre. Je ne voyais pas, non vraiment, de livre dans ma bibliothèque qui collait avec ce thème. J’ai même failli abandonner et passer mon tour. J’avais beau le triturer dans tous les sens, je restais dans le néant le plus complet, à mon grand désespoir (non, je ne surjoue pas !)

Et puis, je me suis rappelée de sensations éprouvées lors des lectures et relectures d’un livre très aimé il y a fort longtemps, quelque part entre la fin de mon enfance et le début de mon adolescence. Je me suis souvenue de son atmosphère estivale, chaude presque étouffante, de la peau dénudée qui reste collée sur le cuir de la voiture, de cette sensation d’asphalte qui fond sous les pas et de l’horizon qui tremble sous l’effet de la chaleur. Vous allez me dire que je triche un peu et que je vous parle plutôt d’été, mais la fin du printemps et l’été, c’est presque pareil, non ? Et si je ne vous ai convaincu, le thème du renouveau est quant à lui bien présent, puisque les personnages vont devoir reconstruire leur vie.

Le livre que j’ai envie de vous présenter aujourd’hui : Les enfants Tillerman – C’est encore loin la maison ? (tome 1)

couv38665253

Une mère peut-elle abandonner ses enfants dans une voiture sur le parking d’un centre commercial ? Cela arrive à Sammy, James, Maybeth et Dicey. Les Enfants Tillerman. Dicey, l’aînée, décide qu’ils vont aller chez une tante. A pied. Du sud du Connecticut (près de Westerly) à Bridgeport. Avec quelques dollars en poche. Ce n’est pas l’aventure, la randonnée de vacances (d’où ce titre C’est encore loin la maison ?). C’est la longue marche de quatre jeunes enfants qui ont décidé de ne pas se séparer, de rester en famille. Ils n’ont pas connu leur père. Leur mère les a élevés quelques années et les a abandonnés à leur sort, épuisée et dépassée par les exigences de leur éducation. En marchant, le clan Tillerman se soude autour du récit que chacun fait d’un morceau de l’histoire de la famille. Ils trouvent ainsi la fierté d’avoir eu des parents, même imparfaits. Sur la route, ils vivent de presque rien, d’un peu de pêche, de quelques gestes de sympathie. Ils rencontrent des gens, comme Windy et Stewart qui les hébergent quelques jours. Ils dorment derrière des entrepôts, dans un jardin public, sous un hangar… Et quand ils arrivent à Bridgeport, ils ne connaîtront pas tante Cilla, elle est morte. C’est sa fille, la cousine Eunice qui les héberge et s’en occupe avec l’aide du père Joseph. Mais les projets de cousine Eunice ne plaisent pas à Dicey, et à l’école, la maîtresse de Maybeth veut la placer dans une maison spécialisée. Il y a danger d’être séparés ! Et voici les quatre Tillerman repartis en voyage… (http://www.livres-jeunesse.net/Ouvrages/voigt.htm)

La saga se compose de 3 tomes. Les deux suivants étant tout aussi bien que le premier, je vous les présente aussi. Certes, ils ne se déroulent pas au printemps, mais pour moi, ils sont tous les trois indissociables.

Les enfants Tillerman – Et si on allait chez grand-mère ? (tome 2)

004431813

Pour éviter la séparation et parce que c’est une Tillerman, de la branche paternelle. La route est encore plus longue, la grand-mère habitant à Crisfield, dans le Maryland. C’est aussi une route aventureuse car ils savent peu de chose d’Abigail Tillerman, sinon qu’elle vit en solitaire et qu’elle n’a pas d’amis. Au terme de nombreuses péripéties, de nouvelles rencontres (dont un cirque), ils arrivent à Crisfield. Dicey décide qu’elle se rendra d’abord seule chez la grand-mère, pour ce qu’il faut bien appeler un affrontement. Dicey sait ce qu’elle veut. La grand-mère sait ce qu’elle ne veut pas : recommencer une vie de famille. Elle a assez souffert d’un mari autoritaire, d’enfants qui ne sont pas devenus ce qu’elle aurait souhaité, de la mort d’un fils au Vietnam… Mais quand on est Tillerman, on a le sens de la famille, on a de la volonté à en revendre. Dicey veut qu’une adulte de la famille s’occupe d’eux sans attenter à leur liberté. En les respectant. Elle n’a d’autre choix qu’Abigail Tillerman. Le clan des enfants Tillerman va adopter des conduites qui leur permettront de rester chez grand-mère et de se faire adopter. (http://www.livres-jeunesse.net/Ouvrages/voigt.htm)

Les enfants Tillerman – La chanson de Dicey (tome 3)

98504002_o

Au terme d’un été d’errance, voici donc les Tillerman installés chez Gram, cette étrange grand-mère. Dicey est bien décidée à ce qu’ils y restent et qu’ils y restent ensemble. Ils ont beaucoup à faire. Cesser cette vie de vagabond et s’attacher à quelqu’un. Retrouver un état physique normal. Connaître plus intimement Gram, ce qui est loin d’être facile. Aller à l’école. Dicey veut réparer le bateau qui est dans la grange de Gram. Rêver…
La chanson de Dicey, c’est la vie somme toute normale qu’ils mènent chez Gram et à Crisfield. Il y a pourtant dans ce troisième volume, des moments très forts et émouvants. Des rencontres, encore, de Jeff, du professeur de musique de Maybeth, de Millie l’épicière, de Mina la camarade de classe, d’un sculpteur de jouets en bois. Et il y a surtout l’épreuve de retrouver sa mère à l’agonie, sur un lit d’hôpital. (http://www.livres-jeunesse.net/Ouvrages/voigt.htm)

Je me souviens encore de mon affection pour ses enfants. Comme j’ai tremblé avec eux, comme j’ai espéré pour eux. Je me rappelle leur volonté d’être ensemble, leur courage d’entreprendre l’impossible pour ne pas être séparés.

L’histoire est racontée à la troisième personne, l’auteur adoptant le point de vue de Dicey, l’aînée, et cela lui donne une force incroyable. Enfant, j’avais l’impression de vivre l’histoire en même temps que Dicey, d’être le cinquième membre de la fratrie. Aujourd’hui, adulte, en y repensant, les larmes me montent aux yeux. Car c’est une histoire dure, une histoire sombre, où des adultes abandonnent des enfants et où d’autres adultes veulent décider à leur place de ce qui est le mieux pour eux, et je vous assure que raconté du point de vue des enfants, cela vous prend à la gorge. Mais c’est aussi une histoire de résilience, de reconstruction, où les enfants, à force de volonté, de ténacité, de courage, trouveront leur havre et pourront grandir en sécurité.

Si la saga est classée en littérature jeunesse, je pense qu’elle peut également se lire adulte. Ce qui est sûr, c’est que je le glisserai dans les mains de Gnomette d’ici un ou deux ans, et c’est un des livres pour lesquels j’ai hâte de partager ses émotions de lecture.

Il est à noter que les titres des tomes dans les nouvelles éditions ont été modifiés et sont devenus respectivement : Seuls, Chez Gram et Nouvelles rencontres (je trouve ces nouveaux titres très nuls et peu attractifs, mais ce n’est qu’un avis personnel)

Pour retrouver tous les liens du TBT, c’est par ici chez Bettie Rose.

10 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Je ne connaissais pas cette série jeunesse, elle a l’air très touchante et intéressante. Merci pour la découverte ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Avec plaisir ! Oui, c’est une très belle série jeunesse !

      Aimé par 1 personne

  2. C’est le genre de livres que j’aurais adoré lire quand j’étais en primaire 😛

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Primaire et collège, c’est l’âge idéal pour le lire 🙂

      J'aime

  3. BettieRose dit :

    Je ne connaissais pas du tout ou alors je n’en ai pas gardé souvenir. Choix sympathique !

    Aimé par 1 personne

  4. Gaelle dit :

    Oh mon dieu, les castor poches qu’est-ce que j’en ai lu plus jeune >_< je ne suis jamais tombée sur cette série par contre… je crois que j'étais déjà tournée vers le fantastique à l'époque (sorcières, monstres, vampires…lol)

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Pareil ! C’était ma collection de prédilection ! Mais j’étais plus sur le versant aventures 🙂

      Aimé par 1 personne

  5. Oh ben je ne connaissais pas du tout ! Et pourtant, c’est tout à fait le genre de bouquin que j’aurais adoré gamine ! Comme il n’est jamais trop tard pour réparer ses erreurs, je vais voir si j’arrive à mettre la main dessus, ça peut être super sympa comme lecture d’été.
    Et je voulais te remercier parce que, je ne sais par quelle association d’idées bizarres, ton article m’a permis de trouver LE livre que j’allais présenter pour le TBT (mais demain vendredi par contre,là, j’ai plus le temps hélas). Rien à voir pourtant mais j’en glousse toute seule d’avance. Du coup, un grand MERCI !! 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Alec dit :

      Ravie de t’avoir aidée 😉 et surtout de t’avoir fait découvrir ces bouquins ! J’ai hâte de lire ta chronique demain !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s