Le Duel – Arnaldur Indridason

 

Je poursuis la découverte de l’Islande des années 70 sous la plume d’Arnaldur Indridason. Cette fois-ci, le roman met en scène Marion Briem, le futur mentor d’Erlendur, et permet de la découvrir. Le livre nous plonge en pleine guerre froide. Bien que le début des années 70 aient été marqués par une relative détente dans les relations internationales, l’Islande se trouvait être une position stratégique sur laquelle russes et américains voulaient asseoir leur emprise. A cela s’ajoutait pour l’île un conflit avec le Royaume-Uni qui porte le nom de « guerre des morues » puisqu’il concernait les zones de pêche que l’Islande voulait interdire aux chalutiers étrangers de crainte de voir les ressources s’épuiser.

L’histoire

Pendant l’été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d’échecs qui oppose l’Américain Fischer et le Russe Spassky. L’Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide.
Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L’atmosphère de la ville est tendue, électrique.
Le commissaire Marion Briem est chargé de l’enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l’époque dans tout le pays. L’affaire tourne au roman d’espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d’Erlendur, va décider de trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là.

Mon avis

Amateurs de romans historiques, vous pouvez vous procurez ce livre les yeux fermés, vous ne serez pas déçus ! Au-delà de l’enquête elle-même, le contexte historique dans lequel elle se place est certainement l’aspect du livre qui m’a le plus marquée, d’autant que le championnat du monde d’échecs qui lui sert de trame de fond a réellement eu lieu en 1972.

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Les flashbacks dans l’enfance de Marion permettent également de découvrir un autre pan de l’histoire de l’Islande : les années 30, lorsque la tuberculose était un véritable fléau dans l’île. On suit Marion dans sa lutte contre la maladie, de sanatorium en sanatorium, subissant des traitements invasifs, luttant vaillamment.

La préhension de ces deux époques est certainement l’aspect du livre que j’ai préféré. Ne connaissant pas l’histoire islandaise, j’ignorais qu’elle avait été stratégiquement importante pendant la guerre froide.

Par ricochet peut-être, l’enquête en elle-même ne m’a pas vraiment emballée. A mon sens, elle s’efface devant le contexte historique et semble plutôt servir de prétexte à l’auteur. La progression dans sa résolution est d’ailleurs linéaire jusqu’au coup de théâtre final auquel on ne s’attend vraiment pas.

Le personnage de Marion qui se découvre ici est profondément complexe, tourmenté par son passé (une ligne forte de l’écriture d’Indridason). Pourtant, je ne peux dire que je m’y sois particulièrement attachée. Son portrait se dresse surtout à travers la Marion enfant. L’adulte, elle, se dérobe encore, solitaire et franc-tireur.

J’ai aimé ce livre qui m’a permis d’aiguiser mon regard sur l’Islande. Pour autant, je ne suis pas sûre qu’on puisse le qualifier de polar, même s’il en maîtrise les codes.

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Alec

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