Moriarty, le chien des d’Uberville – Kim Newman

 

Cette semaine, j’ai ajouté un livre à ma PAL d’automne pour une lecture commune avec Gaëlle (Pause Earl Grey) et Isa la rousse (Le petit monde d’Isa) et je les en remercie. Une infidélité à mes polars d’automne ? Je dirai oui et non. Certes pas d’enquêteurs, de commissaires ou d’inspecteurs ici, mais de grandes affaires criminelles tout de même, vues cette fois-ci par les malfrats eux-mêmes.

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L’histoire

Imaginez les jumeaux maléfiques de Sherlock Holmes et du docteur Watson, et vous obtiendrez le redoutable duo formé par le professeur James Moriarty, serpent rusé d’une intelligence remarquable aussi cruel qu’imprévisible, et le colonel Moran, violent, libertin et politiquement incorrect. Ensemble, ils règnent sur Londres en maîtres du crime, tenant dans leur poing police et hors-la-loi.

Quelle que soit leur mission, du meurtre au cambriolage de haut vol, Moriarty et Moran accueillent un flot de visiteurs malfaisants : membres du Si-Fan assoiffés de sang, Vampires de Paris, et même une certaine Irène Adler…

Mon avis

Avec Moriarty, nous voici donc plongé dans le milieu du crime à travers le journal intime de Sébastien Moran, bras droit de Moriarty. Si le nom vous évoque quelqu’un, vous ne vous trompez pas, il s’agit bien de l’ennemi intime de Scherlock Holmes. Si l’on s’attend à voir ce dernier apparaître à chaque page tournée, il n’en est rien, même si les références aux enquêtes du célèbre détective sont nombreuses. Lorsqu’il est question de lui dans Le problème final, c’est à travers les yeux de Moriarty qui le perçoit comme un sombre imbécile et le surnomme « le Grand Echalat »

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Surprise : je m’attendais à un roman, au final, il s’agit de 7 nouvelles. Pour autant, la lecture est fluide, la progression logique, il n’y a pas d’impression de décousu. Chaque nouvelle traite d’une affaire criminelle fomentée par Moriarty et mise en œuvre par Moran. Ce dernier est magnifiquement construit par Kim Newman. Ne nous leurrons pas : compte tenu de la malfaisance des personnages, impossible de s’attacher à eux. Pourtant, l’esprit sarcastique de Moran et son humour noir so british le rendent agréable à fréquenter le temps d’un livre, même s’il est par ailleurs violent, amateur de chasse à l’animal et à l’homme et libidineux.

Moriarty est construit comme une image miroir de Sherlock soit par similitude, soit par opposition.

Ainsi, Moriarty et Sherlock partagent une même passion pour les déguisements et ont en commun le goût des expériences scientifiques : chimie pour Holmes, vivisection et élevage de guêpes pour Moriarty. Tous deux réfléchissent par déduction. Moriarty vit au-dessus d’un bordel, par opposition à la sage pension de famille de Baker Street où résident Sherlock et Watson.

Dans ce royaume du crime, prostituées, flics et procureurs véreux, petite frappe et aristocrate du crime se côtoient dans un tableau bigarré où l’argent est « le nerf de la guerre ». A nouveau, on retrouve l’effet miroir : ce royaume du crime existe en parallèle à la société victorienne. Il possède sa propre morale, ses valeurs. A la frontière poreuse et ténue de ces deux mondes évolue toute une faune interlope : aristocrates dépravés, bourgeois en mal de pouvoir…

Un point négatif tout de même : l’avalanche de références proposées par l’auteur trouble à mon sens quelque peu la lecture.

Attirée à la base par la magnifique couverture du livre, l’idée originale de connaître le point de vue de Moriarty et la perspective toujours agréable d’une lecture commune, j’ai vraiment bien aimé ce livre qui m’a permis de découvrir un autre genre de littérature. Et pour connaître les avis de Gaëlle et Isa, c’est par ici et par !

12 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Isa dit :

    Difficile de s’attacher oui, mais j’ai quand-même bien apprécié le personnage de Moran ^^

    Aimé par 2 people

    1. J’ai fini par le trouver presque sympathique ! J’ai même apprécié son sens de l’humour ! Mais je n’ai quand même pas ressenti ce petit pincement au coeur en refermant le livre.

      Aimé par 1 personne

      1. Isa dit :

        Pas de pincement au coeur non plus, effectivement! Il ne faut pas exagérer quand-même, ce sont des vilains meurtriers ^^

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  2. Gaelle dit :

    Ce fut une excellente lecture commune avec toi et Isa donc merci à toutes les deux !
    Je te rejoins sur tous les points et je suis un peu déçue de ne pas connaître suffisamment les livres Sherlock Holmes car cela t’a permis de faire un parallèle que j’aurai beaucoup aimé saisir. Mais je crois qu’avec Kim Newman pour tout saisir, il faut définitivement être un spécialiste du 19e dans tous les domaines pour ne rien rater. Pour ma part c’est ce que j’aime chez lui même si de ton côté c’est un point négatif 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Disons que je me suis parfois sentie un peu noyée sous l’avalanche de références ! Effectivement, c’est un spécialiste très pointu du 19ème ! J’ai beaucoup aimé cette lecture commune aussi, à réitérer !

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  3. Oh mon dieu, je n’ai pas lu ta chronique en entière, je dirais que j’ai du lire la moitié, mais ça m’a suffit pour me dire que je le voulais !
    Bien que ce soit des antihéros, me connaissant, je suis capable de m’attacher à Moriarty… ( Déjà dans la série de la BBC, je l’adore alors bon… Certes c’est différent, son sarcasme y est vraiment pour quelque chose x) )

    Aimé par 1 personne

    1. Le personnage est super intéressant ! Peut-être pas attachant mais on comprend ses motivations !

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      1. Si on comprend ses motivations c’est d’autant plus intéressant, souvent les héros font juste du mal pour faire du mal et basta. Si le personnage est riche c’est super alors !

        Aimé par 1 personne

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