On ne réveille pas un chien endormi – Ian Rankin

 

Il est des personnages fictifs auxquels on s’attache comme à un ami. Il en est ainsi avec l’Inspecteur Rebus, le héros récurrent de Ian Rankin. Rebelle, souvent en conflit avec sa hiérarchie et plus proche des criminels qu’il ne le voudrait, Rebus arpente Edimbourg et ses pubs pour résoudre ses enquêtes. Avec moi, vous entendrez régulièrement parler de lui, car chaque retrouvaille est un pur bonheur.

Mais après 17 ans de bons et loyaux services dans la police des Lothian & Borders, John Rebus prenait sa retraite en 2007 dans le bien nommé Exit Music. Rebus vieillit en effet au même rythme de publication que les romans, et son départ à la retraite à 60 ans était inéluctable. Ian Rankin se lança dans l’exploration de nouveaux horizons et apparu le personnage de Malcolm Fox, officier de la police des polices, rigide et amoureux de l’ordre et de la loi. Un peu anti-héros. Surtout, l’antithèse de Rebus. Le type qu’on a pas trop envie d’aimer.

Rebus revient 2012, en flic retraité travaillant pour les affaires classées. Avec Debout dans la tombe d’un autre Ian Rankin réunit dans le même roman ses deux personnages récurrents, et comme on pouvait le prévoir, leur rencontre ne signe pas le début d’une belle et grande amitié. Rebus ne supporte pas la retraite et les réformes entreprises au sein de la police écossaise lui offre des perspectives de réintégration dans le service actif.

C’est chose faite dans On ne réveille pas un chien endormi. La loi écossaise est passée par là, relevant l’âge de la retraite des policiers et permettant de réviser un procès déjà jugé. John Rebus est là, toujours buveur, toujours fumeur, éternel conducteur de Saab et amateur de musique. Il a réintégré la Crim avec le grade de simple sergent, sous les ordres de Siobhan Clarke qui fut son adjointe pendant bien des années. Un John Rebus vieillissant mais toujours rebelle, chargé d’une enquête a priori ordinaire sur un accident de voiture. Mais avec Rebus rien n’est jamais simple. Une victime mutique dont le père a un passé chargé et un petit ami fils du Ministre de la justice, il n’en faut pas plus pour titiller le flair de Rebus.

Malcolm Fox fait alors son apparition, exhumant un dossier vieux de trente ans, une époque où les mœurs policières étaient différentes. Une bavure policière commise par ceux qui se faisaient appeler « les Saints de la Bible de l’Ombre », ceux qui ont accueilli Rebus à ses débuts, ceux avec qui il avait conclu un pacte. En le confrontant à son passé, Malcolm Fox l’obligera à choisir entre loyauté et justice.

Sur fond de référendum pour l’indépendance de l’Ecosse. On ne réveille pas un chien endormi est un livre dense, prenant. Fidèle à ses habitudes, Ian Rankin vous attrape par le collet et ne vous lâche pas avant la dernière page.

 

Alec

 

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. joelle couvidat dit :

    Passionnant!!!

    Aimé par 1 personne

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