L’homme de la montagne – Joyce Maynard

Rachel et Patty. Patty et Rachel. Deux inséparables, les deux moitiés d’un même ensemble. Deux sœurs. Deux ados des années 70, livrées à elles-mêmes par la dépression dune mère rongée par son divorce.

Et là, je vous entends, vous êtes en train de penser : « Oh là!là ! Non, pas un roman misérabiliste sur l’enfance dans les milieux défavorisés ! »

Et je vous comprends !

Fort heureusement, nous ne sommes pas face à un roman social. Si la base est bien là, deux sœurs inséparables et livrées à elles-mêmes, l’auteur préfère nous entraîner dans un polar à l’atmosphère lourde et chaude de l’été,  aux senteurs mélancoliques de l’enfance.

Au cours d’un été d’ennui, un tueur en série commence à sévir dans la montagne qui borde le quartier dans lequel vive les deux frangines. Elles se transforment alors en enquêtrices en herbe par curiosité adolescente, pour tromper l’ennui, et surtout par amour pour leur père qui n’est autre que le policier chargé de l’enquête. A bien y réfléchir, il constitue d’ailleurs un véritable 3ème personnage principal.

Je dois vous avouer qu’en lisant la quatrième de couverture, j’étais intéressée, mais pas enthousiaste. Un peu comme vous en lisant la première phrase. Et pourtant, ce livre est juste un grand livre. Tout d’abord, pour l’atmosphère qui y est parfaitement restitué. La chaleur de l’été, sa lourdeur, la douce torpeur d’un quartier tranquille, les odeurs de la montagne… L’auteur réussit à vous faire ressentir tous ces détails, elle vous plonge dedans. Personnellement, j’ai suivi avec délice en ce printemps pluvieux !

Ensuite parce que la période trouble de l’adolescence y est magistralement décrite. Désir d’appartenance au groupe, volonté d’être soi tout en étant semblable aux autres, désir de popularité et premiers émois, tout y est abordé avec délicatesse, dans un portrait d’une immense tendresse.

Enfin, le personnage du père, cet absent omniprésent, brillant, charmeur, imprègne le roman. Je l’ai vu avec les yeux de ses deux filles : un héros magnifique et fatigué.

Vous l’aurez compris. Bien qu’amatrice de polars, ce que j’ai particulièrement aimé dans ce livre c’est qu’il prend appui sur la base de l’enquête policière pour mieux s’en détacher. Si les meurtres servent de trame au récit, le véritable coeur du roman se situe dans cette histoire d’amour sororal, d’amour filial aussi et de la complexité de l’adolescence.

Alors n’hésitez pas. Dépassez la quatrième de couverture, tenez les mains de Patty et Rachel et partez courir avec elles dans la montagne.

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